Lorsque la sensation de pression au niveau du visage, l’obstruction nasale, les écoulements postérieurs foncés et la diminution de l’odorat persistent pendant plusieurs semaines, il ne s’agit pas toujours d’une simple infection des voies respiratoires supérieures. Chez les patients présentant des symptômes récurrents ou persistants malgré un traitement médicamenteux, la chirurgie des sinus peut constituer une option thérapeutique importante visant à rétablir l’aération naturelle et le drainage des sinus. Toutefois, la décision opératoire ne repose pas uniquement sur une anomalie visible au scanner ; la durée des symptômes, l’examen clinique, l’évaluation endoscopique et l’état de santé général du patient doivent être considérés ensemble.

Quand une sinusite nécessite-t-elle une évaluation chirurgicale ?

Les sinus sont des cavités aériennes situées à l’intérieur des structures osseuses entourant le nez. Les canaux étroits qui les relient aux fosses nasales peuvent se fermer en raison d’un gonflement, d’une infection, d’un polype, d’un rétrécissement anatomique ou d’adhérences liées à une chirurgie antérieure. Lorsque le drainage est perturbé, des sécrétions s’accumulent dans les sinus ; cette situation peut entraîner une inflammation chronique, une sensation de pression et un cycle d’infections répétées.

La majorité des sinusites aiguës s’améliorent avec un traitement médical adapté. La chirurgie est davantage envisagée dans la rhinosinusite chronique persistant plus de 12 semaines ou lors d’épisodes fréquemment récidivants au cours de l’année. Une obstruction nasale persistante, une perte de l’odorat, des douleurs de la tête et du visage, un écoulement postérieur et une altération de la qualité du sommeil peuvent affecter significativement la vie quotidienne.

Parmi les autres situations pouvant conduire à envisager une chirurgie figurent les polypes nasaux, la sinusite fongique, les anomalies structurelles entraînant une accumulation de mucus dans les sinus et les infections présentant un risque de complication au niveau de l’orbite ou de la base du crâne. Il convient également de souligner que tous les maux de tête ne sont pas dus à une sinusite. La migraine, les céphalées de tension, les troubles de l’articulation temporo-mandibulaire et certaines causes neurologiques peuvent provoquer des symptômes similaires. Un diagnostic correct constitue donc la première étape pour éviter une intervention inutile.

Comment se déroule l’évaluation avant une chirurgie des sinus ?

Une évaluation complète commence par une analyse détaillée des symptômes du patient. La durée des plaintes, les traitements déjà essayés, les antécédents d’allergie, l’asthme, une sensibilité à l’aspirine, le tabagisme et les interventions nasales antérieures influencent directement la planification.

L’endoscopie nasale permet d’évaluer les zones étroites à l’intérieur du nez, les polypes, les foyers d’écoulement, les croûtes et les déviations du septum. La tomodensitométrie des sinus paranasaux montre en détail quelles régions sont atteintes, les variations anatomiques et les limites de l’intervention. Le scanner ne constitue pas à lui seul une indication opératoire ; il prend tout son sens lorsqu’il est interprété avec les constatations de l’examen et les symptômes du patient.

Chez certains patients, une évaluation allergologique, des examens complémentaires pour des maladies pulmonaires ou un avis spécialisé en cas de problème sinusal d’origine dentaire peuvent être nécessaires. Chez les personnes déjà opérées des sinus, les repères anatomiques habituels peuvent avoir été modifiés. La cartographie chirurgicale doit donc être réalisée avec encore plus de précision dans les cas de révision.

Déviation du septum et maladie des sinus peuvent coexister

Une déviation du septum, c’est-à-dire une courbure de la cloison médiane à l’intérieur du nez, peut réduire le passage de l’air et, chez certains patients, affecter négativement l’aération des sinus. Lorsqu’une septoplastie doit être réalisée au cours de la même intervention, l’objectif n’est pas uniquement de réduire l’obstruction nasale, mais également de permettre un accès sûr aux régions sinusiennes et de soutenir un flux d’air fonctionnel. Si une intervention sur l’apparence extérieure du nez est également prévue, les objectifs fonctionnels et esthétiques doivent être évalués de manière à ne pas se nuire mutuellement.

Quelle méthode est utilisée ?

Aujourd’hui, l’approche la plus fréquemment utilisée est la chirurgie endoscopique des sinus. Cette méthode utilise de fins systèmes optiques introduits par les narines ; aucune incision externe n’est réalisée. Sous vision agrandie, le chirurgien évalue les tissus malades, les polypes ou les structures obstruant les ouvertures naturelles des sinus. L’objectif est d’ouvrir les voies d’aération et de drainage tout en préservant autant que possible l’anatomie normale des sinus.

L’étendue de l’intervention varie d’un patient à l’autre. Chez certaines personnes, le traitement d’une région sinusienne limitée peut être suffisant, tandis qu’une maladie polypoïde diffuse peut nécessiter le traitement de plusieurs sinus. La dilatation des sinus par ballonnet peut être envisagée dans certaines zones de rétrécissement anatomique et chez des patients sélectionnés. Toutefois, elle n’est pas toujours adaptée en présence de polypes, de tissus fortement inflammatoires, d’une maladie fongique ou d’une atteinte sinusienne étendue.

L’utilisation de systèmes de navigation assistée par imagerie pendant la chirurgie peut offrir une sécurité et une précision supplémentaires, notamment dans les cas où l’anatomie a été modifiée, où la maladie est étendue ou lorsqu’une révision est nécessaire. Le choix de la technologie dépend de l’étendue de la maladie et du profil de risque de l’intervention.

Jour de l’intervention et récupération précoce

Les chirurgies des sinus sont généralement réalisées sous anesthésie générale. La durée de l’intervention dépend du nombre de sinus à traiter, de la présence éventuelle de polypes et de la nécessité de gestes chirurgicaux supplémentaires. De nombreux patients peuvent rentrer chez eux le jour même ou après une courte période d’observation à l’hôpital ; toutefois, le plan de suivi peut différer en présence de problèmes de santé associés ou d’une intervention plus étendue.

Durant les premiers jours après l’intervention, une obstruction nasale, un léger écoulement sanguinolent, une sensation de pression au niveau du visage et de la fatigue peuvent apparaître. Pendant cette période, il est important de ne pas se moucher fortement, d’éviter les exercices intenses pendant un certain temps et de respecter les recommandations de soins prescrites. Les lavages nasaux avec une solution saline aident à éliminer les croûtes et les sécrétions. Les médicaments prescrits sont adaptés à la maladie du patient, à son terrain allergique et à l’étendue de l’intervention réalisée.

Les contrôles postopératoires réguliers constituent une partie importante de la récupération. Lors des examens endoscopiques, les croûtes peuvent être nettoyées, les tissus en cours de cicatrisation surveillés et le traitement ajusté si nécessaire. La chirurgie ne doit pas être considérée comme une solution unique supprimant définitivement tout besoin de traitement médicamenteux chez chaque patient atteint de sinusite chronique. En particulier chez les personnes ayant une allergie, un asthme ou une tendance à développer des polypes, les soins nasaux à long terme et le suivi médical jouent un rôle déterminant dans le maintien du résultat obtenu.

Pourquoi les risques doivent-ils être discutés individuellement ?

Comme toute intervention chirurgicale, la chirurgie des sinus comporte des risques tels que saignement, infection, adhérences, cicatrisation plus longue que prévu et récidive de la maladie. En raison de la proximité anatomique des sinus avec l’orbite et la base du crâne, des complications rares mais importantes doivent également être prises en compte lors de la planification chirurgicale. Leur probabilité peut varier selon l’étendue de la maladie, les interventions antérieures, les caractéristiques anatomiques et les maladies associées.

Un bon plan chirurgical ne se limite pas à décrire la technique opératoire. Il prend également en compte les attentes du patient, la cause réelle de ses symptômes, le besoin de traitement médical et le processus de suivi. Comme dans l’approche du Prof. Dr Gediz Murat Serin, une évaluation détaillée réalisée par un spécialiste ORL expérimenté constitue la base d’une décision sûre, notamment dans les cas complexes ou déjà opérés.

Si vos symptômes sinusaux affectent votre qualité de vie, l’objectif n’est pas simplement de corriger une image radiologique, mais de déterminer une stratégie thérapeutique personnalisée qui vous aide à mieux respirer, mieux dormir et retrouver plus confortablement vos activités quotidiennes.

Prof. Dr. Gediz Murat Serin

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