Les patients présentant des croûtes à l’intérieur du nez, un sifflement, des saignements et une gêne respiratoire posent souvent la question suivante : Perforation : greffe ou lambeau ? La perforation septale désigne une ouverture de la muqueuse recouvrant les structures cartilagineuses et osseuses de la cloison médiane du nez. Toutefois, le choix du traitement ne dépend pas uniquement de la possibilité de fermer ou non cette ouverture ; il est déterminé par la localisation, la taille et la cause de la perforation, la qualité des tissus intranasaux ainsi que les symptômes du patient.

Il peut donc être trompeur de considérer la greffe et le lambeau comme deux procédures simples et opposées. Dans certaines perforations, un matériau de greffe est utilisé conjointement avec des lambeaux. Dans d’autres cas, plutôt qu’une fermeture chirurgicale, une surveillance visant à humidifier l’intérieur du nez, réduire les croûtes et contrôler les symptômes constitue une approche plus appropriée.

Pourquoi la perforation septale est-elle différente chez chaque patient ?

Une perforation septale peut apparaître après des chirurgies nasales antérieures, un traumatisme, des cautérisations intranasales, l’utilisation fréquente et incontrôlée de sprays nasaux, la consommation de substances comme la cocaïne, des infections, des maladies rhumatologiques ou, plus rarement, des tumeurs. Identifier la cause est nécessaire non seulement pour fermer l’ouverture existante, mais aussi pour réduire le risque de récidive.

Toutes les perforations ne se comportent pas de la même manière. Les perforations situées en avant, dans une zone où le flux d’air est important, ont davantage tendance à provoquer sécheresse, croûtes et sifflement. Les perforations postérieures, petites et asymptomatiques peuvent parfois être découvertes fortuitement. Ces deux situations n’ont ni les mêmes indications chirurgicales ni les mêmes techniques de traitement.

En particulier chez les patients ayant déjà subi une septoplastie ou une rhinoplastie, le soutien cartilagineux du septum et la réserve de muqueuse peuvent être limités. Dans les cas de révision, le plan opératoire doit permettre de fermer la perforation tout en préservant le soutien nasal, la respiration et, le cas échéant, les objectifs esthétiques.

Perforation : greffe ou lambeau ? Quelle est la différence fondamentale ?

La méthode que les patients décrivent comme une « greffe » correspond généralement à un matériau greffé placé au niveau de la perforation. Ce matériau peut être constitué de fascia, de périchondre, de cartilage, de périoste ou d’autres matériaux biologiques appropriés prélevés sur les propres tissus du patient. La greffe peut servir de support à la formation de nouveaux tissus au niveau de l’ouverture ; toutefois, elle ne suffit pas toujours à elle seule.

Le lambeau est un tissu vivant préparé à partir de la muqueuse intranasale adjacente, dont la vascularisation est préservée et qui est avancé sur la perforation. L’utilisation d’un lambeau vise notamment à recouvrir les deux faces de l’ouverture avec une muqueuse saine et bien vascularisée. L’une des conditions essentielles d’une cicatrisation durable après réparation d’une perforation est que la greffe ou la ligne de réparation soit soutenue par un tissu vivant et correctement vascularisé.

Ainsi, dans de nombreuses approches chirurgicales efficaces, la véritable question n’est pas nécessairement « greffe ou lambeau ? ». Chez le patient approprié, les deux peuvent être planifiés ensemble. Le lambeau assure le revêtement de surface et la vascularisation, tandis que le greffon placé entre les couches peut apporter un soutien structurel à la réparation.

Dans quelles situations une greffe peut-elle être envisagée ?

Dans les perforations de petite ou moyenne taille, lorsque la muqueuse environnante est suffisante, l’utilisation d’un greffon peut faire partie de la réparation chirurgicale. Le choix du greffon dépend de la taille de la perforation, du soutien cartilagineux restant dans le septum et de la présence éventuelle d’une déformation associée.

Le terme « greffe » est parfois également utilisé pour désigner un bouton septal en silicone non chirurgical. Le bouton septal est un dispositif destiné à obturer l’ouverture et à rester durablement dans le nez. Il peut réduire les symptômes chez certains patients qui ne sont pas candidats à la chirurgie, qui présentent une maladie active de la muqueuse ou qui ne souhaitent pas être opérés. Toutefois, tous les patients ne le tolèrent pas ; une sécheresse, des croûtes, un déplacement du dispositif ou une sensation de corps étranger peuvent survenir.

Quand le lambeau devient-il plus déterminant ?

Plus la perforation est grande et plus les tissus environnants sont amincis, plus il devient difficile d’obtenir une couverture muqueuse suffisante. Dans ce contexte, des lambeaux muqueux locaux, des lambeaux d’avancement ou, dans certains cas sélectionnés, des tissus provenant de régions voisines ou externes au nez peuvent être envisagés.

La planification d’un lambeau est particulièrement importante dans les perforations antérieures symptomatiques, les perforations ayant déjà fait l’objet d’une tentative de fermeture infructueuse ou celles associées à une perte tissulaire traumatique. Cependant, un lambeau plus grand ne signifie pas toujours un meilleur résultat. Lors de sa préparation, il faut éviter de traumatiser inutilement les tissus intranasaux, préserver la vascularisation et ne pas affaiblir le soutien du nez.

Quelle technique offre le taux de réussite le plus élevé ?

Il n’est pas possible de répondre de manière fiable à cette question sans connaître le diamètre de la perforation. Dans les petites perforations, les chances de fermeture avec une technique chirurgicale adaptée sont généralement plus élevées. À mesure que l’ouverture augmente, notamment au-delà d’environ 2 centimètres, les problèmes de tension tissulaire, de quantité insuffisante de muqueuse et de vascularisation deviennent plus fréquents.

Cependant, la décision ne repose pas uniquement sur une mesure en millimètres. Si les bords de la perforation présentent des croûtes actives, une infection, une inflammation ou des tissus dont la circulation est altérée, même une petite perforation peut constituer un cas difficile. À l’inverse, chez un patient dont les tissus sont sains, dont la cause est contrôlée et dont l’équilibre d’humidité intranasal est bien maintenu, des perforations plus larges peuvent également être réparées grâce à une planification chirurgicale expérimentée.

La cause de la perforation constitue un autre facteur déterminant du succès. En cas de consommation persistante de cocaïne, d’utilisation incontrôlée de sprays vasoconstricteurs ou de maladie rhumatologique active, une fermeture chirurgicale peut ne pas être appropriée. Le processus sous-jacent doit d’abord être contrôlé. Dans le cas contraire, même une réparation réalisée avec la meilleure technique peut se rouvrir.

Quels éléments sont évalués lors de l’examen afin de prendre la bonne décision ?

L’évaluation d’une perforation septale ne se limite pas à regarder à l’intérieur du nez. Lors de l’examen endoscopique, le diamètre de la perforation, sa localisation antérieure ou postérieure, l’état de ses bords, le degré de formation de croûtes ainsi que les déviations ou adhérences intranasales sont étudiés. Chez les patients qui en ont besoin, des examens d’imagerie et des évaluations complémentaires visant à rechercher une maladie systémique sous-jacente peuvent être planifiés.

Les attentes du patient occupent également une place centrale dans la décision chirurgicale. Chez certains patients, le principal problème est constitué par des saignements répétés et des croûtes. Chez d’autres, le sifflement affecte la vie sociale. Chez un patient envisageant une rhinoplastie de révision, la perforation, les problèmes respiratoires et la forme du nez doivent être pris en charge au cours de la même intervention sans compromettre les différents objectifs.

Comme dans l’approche du Prof. Dr Gediz Murat Serin, la planification d’une chirurgie nasale complexe doit être personnalisée. L’objectif n’est pas simplement de constater que l’ouverture est fermée, mais de déterminer l’option la plus sûre permettant de préserver simultanément les voies respiratoires, les structures de soutien et la capacité de cicatrisation du nez.

La période postopératoire est aussi importante que la technique

Au cours des premières semaines après la réparation d’une perforation, les soins intranasaux constituent la continuité du geste chirurgical. Il faut éviter que les tissus ne se dessèchent, ne pas arracher les croûtes de force et réaliser régulièrement les lavages et les applications hydratantes recommandés par le médecin. Lorsque cela est nécessaire, des splints en silicone peuvent être maintenus dans le nez pendant une certaine période afin de protéger la ligne de réparation contre les traumatismes.

Se moucher fortement trop tôt, subir un traumatisme nasal, fournir des efforts intenses ou utiliser des produits intranasaux sans avis médical peuvent nuire à la cicatrisation. Lors des consultations de contrôle, la cicatrisation de la muqueuse, l’état du greffon ou du lambeau et le passage de l’air sont évalués. La récupération varie d’une personne à l’autre ; la maturation complète des tissus intranasaux peut prendre plusieurs mois.

La méthode la plus appropriée pour traiter une perforation n’est pas nécessairement la technique la plus souvent citée, mais celle qui correspond à votre anatomie intranasale et à la qualité de vos tissus. Décrire en détail vos symptômes, vos interventions antérieures et vos attentes constitue la première étape vers un plan thérapeutique sûr et réaliste.

Prof. Dr. Gediz Murat Serin

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